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C’era una volta l’Italia, il était une fois l’Italie : un moment de grâce

J'y étais, j'ai participé à l'inauguration d'un monument national dédié aux immigrés italiens à Nogent-sur-Marne (94). Cette ville est la ville des “ritals” de François Cavanna. Aujourd'hui, il semblerait que 25% de cette ville soit d'origine italienne. Ce mémorial se trouve au pied du viaduc ferroviaire dont la légende dit qu'il a été bâti par des “ritals”.
Il aura fallu cinq années pour réaliser ce monument grâce au Cercle Léonardo da Vinci présidé par Jean-Raphael Sessa qui organise les évènements culturels. Cette œuvre a été financée à 96% par des dons privés provenant de mécènes et de donateurs privés à travers la France. Ce monument est sorti de terre en un peu plus de deux ans, les travaux ayant commencé le 22 novembre 2022. La conception du monument est de notre sociétaire et ami Louis Molinari, lui-même d'origine italienne, il se plaît à dire qu'il remercie tous les jours la France d'avoir accueilli son grand-père.
L'œuvre est composée de quatre arbres en acier “corten” particulièrement résistant lesquels portent plus de deux mille feuilles en inox gravées avec les noms des familles d'origine italienne qui ont contribué au projet en achetant une feuille pour une centaine d'euros. Des jardinières, élaborées à partir d’un moulage des mains de Louis Molinari, entourent le tout.
S'agissant du socle, la première marche en marbre de carrare symbolise le départ de l'Italie et la séparation de la famille. La deuxième marche, également en marbre, représente les voyages de ces migrants et les difficultés qu'ils ont rencontré en arrivant dans un nouveau pays. La troisième, c'est l'arrivée en Terre de France, cette terre où ils ont planté les racines d'une vie nouvelle, d'où le choix d'un granit français du Tarn. L'esplanade évoque la quadrature du cercle. Le carré représente la matière et le savoir tandis que le cercle symbolise la perfection et le monde de l'esprit. Le tout concrétise la quête d'harmonie entre l'héritage italien et la nouvelle vie en France.

A ce propos, j'ai rencontré un général de l'armée de l'air et de l’espace, en grande tenue que j'ai remercié d'être venu à titre privé en uniforme. Il me répondit en hochant de la tête et en désignant une personne : « C'est bien lui le sculpteur » ? Je lui réponds « Non, c'est le monsieur à côté avec les cheveux gris. Si vous voulez, je vous le présente ». Il me répondit : « Avec grand plaisir, pour rien au monde, je n'aurais voulu rater cet instant ». S'en suit alors une longue discussion avec Louis Molinari ... Puis, le général me demande de le prendre plusieurs fois en photo avec le sculpteur et il ajoute : « si cela ne vous gêne pas, pourriez-vous me prendre à nouveau en photo devant l'arbre et qu'on voit bien, là-haut la feuille avec mon nom de famille ». On sentait toute la fierté d'un enfant d’immigré italien qui revient en ce jour de l’inauguration du monument national dédié aux Immigrés Italiens en uniforme avec le grade d’officier général de l’armée de l’air française du pays qui a accueilli sa famille. Cet instant fut un moment de grâce vous dis-je. Merci Louis ! Merci mon général !

Le Monument qui est éclairé la nuit, est surmonté d'un Homme de Vitruve réalisé par le sculpteur italien Stefano Tulisso. Sur l'une des faces de ce socle, on peut voir une carte des deux pays et un vers de Victor Hugo : "Qui prend le passé pour racine a pour feuillage l'avenir".

Parmi les feuilles, on peut lire les noms des familles suivantes : Lazarre Ponticelli, le dernier poilu disparu le 12 mars 2008 dont l'éloge funèbre avait été prononcée par l'académicien Max Gallo lui-même fils d'immigré italien. On trouve également les familles de Serge Reggiani ou d'Éric Dupond-Moretti ou bien sûr celle de mon général.
Après trois discours prononcés d'abord par le Président-fondateur du Cercle Leonardo da Vinci : Jean-Raphael Sessa puis par le Maire de Nogent-sur-Marne, Jacques Martin et enfin par le Secrétaire d'État italien aux Affaires Etrangères : Giorgo Silli, un ténor italien a entamé l'hymne italien, puis une cantatrice française a entonné la Marseillaise. Enfin, le Secrétaire d'État étant venu avec le prêtre de la Paroisse de Brugneto : Don Stefano Carilli, il fût procédé à la bénédiction officielle du Monument National.
Un de mes camarades de promotion, fils d'un immigré italien : Christian-Charles Gentili-Peruzzi qui est colonel de l'armée de l'air et de l'espace, était également présent. Lui aussi n'aurait pas voulu manquer pour rien au monde cet instant et à ma grande surprise il a écrit en français et en italien un petit discours inspiré par l'évènement.la ville de Nogent n'a pas voulu s'éloigner du protocole défini avec les italiens. Il n'a pas pu le prononcer. C’est bien dommage.je reproduis son texte ci-dessous pour lui rendre hommage.
Gérard ETTER
Vice-président de la Section de l’Essonne
Vice-président du Comité du Val d’Orge
Chevalier de la Légion d’honneur
Texte d’un discours écrit par le fils d'un immigré italien.
« Je suis très content que nous soyons tous réunis ici, sous ces arbres très particuliers. C'est vraiment une chose très émouvante que de voir que chaque feuille porte le nom d’un immigré italien. Merci de tout cœur à tous ceux qui ont participé à cette œuvre magnifique. J'ai entendu dire que, qui ne sait pas d'où il vient ne peut savoir où il va. Ça me semble une affirmation très pertinente. Le problème est que souvent il est trop tard quand nous voulons aller à la recherche de nos racines. Mais malheureusement la vie professionnelle est tellement prenante qu'elle ne laisse pas de place pour penser à son passé. Et c'est seulement quand on atteint un certain âge que l'on prend le temps de regarder en arrière et de faire des recherches sur nos ancêtres ; mais alors cette tâche pourrait s'avérer plus difficile ; mais nous ne devrions jamais oublier nos racines tant familiales que géographiques ».

« Sono veramente felice che siano tutti riuniti qui, sotto questi alberi molto speciali. È davvero una cosa molto emozionante vedere che ogni foglia porta il nome di un immigrato italiano. Grazie di cuore tutti coloro che hanno a partecipato a questa magnifica opera. Ho sentito dire che, chi non sa da dove viene non può sapere dove sta andando. Mi sembra un' affermazione molto corretta. Il problema è che spesso è troppo tardi quando vogliamo andare alla ricerca. delle nostre radici. Ma purtroppo la vita lavorativa è talmente impegnativa che non lascia spazio per riflettere sul suo passato. Ed è solo quando si raggiunge una certa età che ci si prende il tempo di guardare indietro e di fare ricerche sui nostré antenati; ma allora questo compito potrebbe diventare più difficile. Eppure non dovremmo mai dimenticare le nostre radici sia familiari che geografiche. Ma questa è solo la mia opinione”. Scritto dal figlio di un immigrato italiano.